En chantier : Thonon-les-Bains

En chantier : Thonon-les-Bains

Thonon change de main ?

Et ça commence aujourd’hui. L’urbanisation de la cité chablaisienne était l’un des enjeux majeurs des élections municipales de 2020, la nouvelle équipe se positionne donc évidemment à contre-courant de ses prédécesseurs. Premiers jalons posés en 3 projets majeurs.

« Thonon a eu la chance, malgré une dernière décennie assez délétère en terme d’aménagements, de conserver beaucoup de potentiel. On a cette capacité à allier l’urbanité et l’environnement préservé, et si on trouve cet équilibre, on va en faire une ville très agréable à vivre.” Comptes soldés avec l’ancienne municipalité, Christophe Arminjon, le nouveau maire de Thonon, espère associer la population à cette réflexion par le biais des Assises Locales du développement Urbain, qui démarreront au mois de mai. Des citoyens amenés à se positionner sur deux temporalités : quelle ville voulez-vous aujourd’hui ? Quelle ville aimeriez-vous laisser à vos enfants ? En parallèle, de grands projets structurants sont déjà sur les rails.

Places des Arts ©Antoine Berger

LA PLACE DES ARTS REPENSÉE

Edicules de parking, quais de bus, places de stationnement… La plus grande place de Thonon n’en est, pour le moment, pas une. L’objectif est de la rendre aux piétons, d’attirer le cœur de ville vers la gare et renforcer le lien établi par la nouvelle passerelle du pôle gare vers la Place de Crête et la partie haute. 1ère étape : redistribuer le réseau de transport en commun et retirer complètement les bus de la place. Ils circuleront et chargeront en aval, sur le Boulevard du Canal. Au bout de la place, la rue des Allobroges sera fermée à la circulation publique.
Sur cet immense espace ainsi dégagé, on devrait alors trouver : un square du côté de l’école des Arts, le marché hebdomadaire et une halle. “Le concours d’architecture va être lancé dans les prochaines semaines. Ce lieu aura pour objectif d’abriter les étals qualitatifs de la partie alimentaire du marché et de rester modulable pour être totalement libéré et accueillir des événements. Au 2nd niveau, il y aura probablement des activités permanentes, comme un restaurant ou des boutiques de produits de terroir. Il nous faut quelque chose de polyvalent, on ne veut pas prendre le risque d’avoir un bâtiment mono-fonctionnel.

UN PARC PAYSAGER SUR LES TALUS SOUS-BASSUS

Depuis le centre de Thonon, la liaison piétonne vers les bords du Léman se fait par une zone de talus assez raide, qui s’étend depuis le Belvédère jusqu’au Château de Sonnaz et la Sous-Préfecture. “Aujourd’hui, c’est une zone de transition, qui devient un coupe-gorge la nuit. L’idée, c’est donc de réaliser un grand parc étagé, le plus grand de la ville avec 3,5 hectares, en terrasses avec, pour leitmotiv, l’accessibilité.” Un ascenseur vitré devrait desservir le Belvédère, le parking souterrain, puis la promenade aménagée en contrebas. Un concours d’architecture paysagère sera donc lancé à l’échelle européenne, et un budget de 7 millions d’euros est prévu pour ce nouveau parc, qui liera avec fluidité le cœur de la ville à son port et… à son nouveau musée.

UN MUSÉE DANS LE CHÂTEAU DE RIVES

Voilà le plus gros projet en matière de budget et de quantité de travail à mener d’ici la fin du mandat”. Ancienne maison-forte du XIVe siècle, rare exemple de monument médiéval encore visible dans la région, le Château de Rives, dans le port du même nom, n’est actuellement ouvert au public que lors de manifestations organisées par la ville. Il va donc être réhabilité et transformé en pôle culturel majeur, avec comme point d’attraction principal, un département dédié à l’art contemporain, “grâce au dépôt d’une collection d’envergure nationale ou internationale”. Il abritera également un fond Premier Empire, lié au Général napoléonien thononais Joseph Marie Dessaix, le travail de la sculptrice Marguerite Peltzer, représentante d’un courant artistique féminin des années 30, qui a légué l’intégralité de son œuvre à la ville et un fond d’ethnographie plus classique consacré aux populations du Chablais.

UN NOUVEAU STADE A VONGY « Par deux fois, le Stade Moynat n’a pas pu, de par sa configuration, accompagner des équipes de 1ère et 2ème divisions. Je me suis dit qu’il fallait absolument réaliser cette mutation” explique Christophe Arminjon. Une mutation à double détente : dans un 1er temps, la construction à partir de mai 2021 d’un stade d’athlétisme à Vongy, à côté du Boulodrome et des terrains de foot. Cette nouvelle structure permettra, dans un 2nd temps, de supprimer l’anneau d’athlétisme du Stade Moynat, de réaménager un terrain polyvalent foot/rugby/foot américain, et de construire une nouvelle tribune sud sur l’équivalent de la place gagnée.

RENOVATION ET RE-QUALIFICATION DE L’EXCELSIOR Fin 2020, la municipalité a préempté et fait l’acquisition de l’ancien cinéma. “A 20 m de la mairie, c’est une opportunité pour la ville”, constate le premier magistrat thononais. “On pourra y faire nos instances du Conseil Municipal, des séminaires d’entreprise, des formations… c’est l’occasion de lui redonner sa façade d’origine Art Déco, et, comme il y a quelques immeubles de la même époque sur la place adjacente, nous allons la réaménager dans cet esprit, retirer toutes les voitures et lui redonner une vraie identité. Le maître d’œuvre est lancé, c’est un des 1ers projets qui va sortir de terre.” !

En chantier : Annecy

En chantier : Annecy

Stationnement, du neuf pour l’été !

Projet de l’ancienne équipe, le parking du boulevard du Fier va enfin arriver. On l’annonce pour cet été. Au même moment, une dizaine de zones de stationnement, jusque-là gratuites, vont devenir payantes…

340 places de stationnement, dont 10 pour les véhicules électriques, 20 emplacements dédiés aux deux-roues motorisés, des consignes à vélo sécurisées pour une quarantaine de cycles, le tout sur quatre niveaux : le parking situé en face de l’Arcadium doit ouvrir mi-juillet, annonce-t-on à l’hôtel de ville d’Annecy. Ces travaux d’un montant de 3,5 M€ HT, autofinancés par Annecy parkings, ont été maintenus pour «développer l’offre de stationnement en dehors de l’hyper-centre», car, selon la Ville, garer son véhicule en dehors du centre-ville épargne stress et pépettes aux automobilistes tout en diminuant embouteillages, bruit et pollution. Ce nouveau parking sera gratuit «dans un premier temps», la durée du fameux «premier temps» n’est pas encore connue.
Ces nouvelles places de stationnement donneront peut-être du baume au cœur de ceux qui regrettent l’abandon du projet «Préfecture». Un secteur qui reste cependant dans le viseur de la Ville : “On réfléchit à un aménagement global sur la circulation” (schémas directeurs sur la mobilité et les stationnements, ndlr), confirme son maire. Et François Astorg d’ajouter : “j’espère qu’on arrivera là-dessus avec l’Agglo en septembre ou octobre, peut-être même avant”.

LA « POUBELLE » DU CENTRE-VILLE

Autre nouveauté pour l’été : le passage au stationnement payant (zone verte) sur les parkings Colmyr, Marquisats, Esaaa, Tillier, SRVA, Impérial, Sainte-Bernadette, Belle étoile, Petit port et Chavoires. “Il est très clair qu’on ne souhaite pas revivre l’été dernier en terme de congestion des rives du lac”, a en effet expliqué Marion Lafarie, lors du conseil municipal de mars dernier. Et l’adjointe en charge de la voirie, des espaces publics, du stationnement et des mobilités actives d’expliquer qu’il s’agit d’un «outil» parmi d’autres (bus des plages, navettes lacustres, vélos en libre-service…) “pour essayer de réduire absolument la circulation au bord du lac. La plage reste gratuite, nul n’empêche à tout à chacun d’aller un tout petit peu plus loin se garer et de marcher si véritablement ils ne peuvent pas prendre le bus ou venir à vélo.
Il n’en fallait pas plus pour que les cheveux de Christiane Laydevant (Annecy ensemble) ne se dressent sur sa tête : “Nous, dans les communes déléguées, on n’a pas envie d’être la poubelle du centre-ville ! On a déjà un certain nombre de personnes qui se garent et qui ne sont même pas de l’Agglo…

Illustration : Empreinte virtuel / MILK architectes

en chantier : Val-Thorens

en chantier : Val-Thorens

Toit des neiges

A Val-Thorens, le ski est un atout, mais n’est pas tout. La plus haute station d’europe refait entièrement son centre multi-activités et il y a du p(a)in sur la planche !

Construire ex nihilo une station à 2300 m d’altitude, c’est du sport ! L’animer aussi. Ce n’est pas « ski » a freiné les pionniers à l’origine de l’édification de Val-Thorens ! Pour créer aussi de la vie « hors piste », ils ont implanté en plein centre du village savoyard un centre sportif et récréatif de plus de 10000 m2.

EN PISTE POUR LE FUTUR

Edifié en 1980, le bâtiment inséré entre une galerie commerciale et la gare routière, méritait bien un sérieux rafraîchissement.
La commune a confié le chantier à la Société d’Aménagement de la Savoie (SAS). En charge des équipements sportifs et grands événements aux Menuires et à Val-Thorens (par DSP), la Sogevab est également associée au projet”, précise Valérie Hudry, à la mairie des Belleville (stations de Val-Thorens, Les Menuires et Saint-Martin). Au-delà de la rénovation et de la restructuration d’installations vieillissantes, “les travaux vont notamment per- mettre de générer davantage de vie à cet endroit et d’améliorer la gestion des flux de circulation. Il s’agit aussi de répondre à l’évolution des besoins de la clientèle. Avec la création d’un « centre de conférence », le projet d’aujourd’hui est ambitieux”.

SURF EN SURFACE

En charge de la maîtrise d’œuvre, Dubuisson Architecture a d’ailleurs dessiné une structure dotée d’un specta- culaire « toit-belvédère » en forme de snow-board. “Son architecture s’intègre parfaitement dans la station, en été comme en hiver. Et cet espace de 4000 m2 va être utilisé pour l’organisation d’événements”, ajoute Valérie Hudry.
Se déployant sur 4 niveaux (avec la toiture), le nouveau centre comptera 3 espaces principaux : la salle de conférence de 450 places, l’espace aqualudique (bassin balnéo, sauna, hammam…) et l’espace multi-activités dédié à la pratique sportive (squash, tennis, sports collectifs…) et aux loisirs (fun park, organisation de concerts, etc). “Le permis de construire porte sur 10 200 m2 de surface de plancher. C’est globalement le même gabarit que l’existant, avec un petit empiètement sur la place des Arolles et vers la piste de ski. La structure sera en béton enduit ou bardage et habillée de brise-soleil apportant de la volumétrie”, complète Fanny Vandoolaeghe, chef de projets SAS.

PLAN DE TRAVAIL

Après le désamiantage en mars et la déconstruction progressive de l’édifice en avril et mai, le terrassement et le gros œuvre devraient se dérouler de mai à novembre 2021. Les travaux de second œuvre s’échelonneront jusqu’à fin novembre 2022. Un projet d’envergure qui se chiffre à 37 millions d’euros répartis entre la mairie, la SAS et la SETAM (société des remontées mécaniques).

+ d’infos : http://lesbelleville.fr

Images : Dubuisson architecture

Escapade dans le Rhône

Escapade dans le Rhône

Appât de loup

Quand Madame Loup rencontre Monsieur Litt, qu’est-ce qu’ils se racontent ? L’histoire d’une maison d’hôtes, joliment plantée au milieu des vignes, en plein cœur du Beaujolais. Son nom ? Le Lit du Loup, c’est évident !

A une vingtaine de kilomètres au sud de Mâcon, Corcelles-en-Beaujolais a les atours et les atouts d’un beau terroir viticole. A 500 mètres de son château du XIVe siècle, la maison construite en 1850 pour le vigneron du domaine est aujourd’hui celle d’Annick Loup et de François Litt.

DÉVIER DES VIGNES

Avant de s’installer ici, Annick a vu du pays. Cette native de Thoissey, à une dizaine de kilomètres de Corcelles-en-Beaujolais, quitte, à 24 ans, famille et amis pour suivre son mari. Direction la Belgique, Liège précisément, où la jeune Française devient rapidement directrice d’une boutique de vêtements et accessoires haut de gamme. Egalement maman de deux enfants, Annick ne compte pas ses heures, s’implique jusqu’à n’en plus pouvoir. “En participant au développement de cette boutique, j’ai vécu une très belle aventure. Mais j’ai toujours beaucoup trop travaillé. A l’âge de 52 ans, j’ai eu envie de changement. Mes enfants étaient déjà grands, et mes parents toujours à Thoissey avaient besoin de moi. Mon nouveau compagnon saturait aussi de la ville et pouvait trouver dans le Beaujolais de nouveaux débouchés pour exercer sa profession de kiné. A l’époque, pour moi qui voyageais tout le temps, c’était un rêve de travailler chez soi ! Avoir une maison d’hôtes, c’était une façon d’arrêter de travailler tout en gardant du contact humain.

UN NOUVEAU REPAIRE

Annick et François visitent plusieurs maisons dans le Beaujolais et tombent sous le charme de l’ancienne demeure de vigneron. Située sur un terrain de 2 000 m2 en bordure de la route principale du secteur, elle a toujours attiré Annick, qui passe régulièrement devant depuis qu’elle est enfant. “Une dizaine d’années auparavant, j’avais déjà constaté qu’elle avait été toute refaite. Alors quand j’ai vu qu’elle était en vente, j’ai eu naturellement envie de la visiter. Tout le gros œuvre avait déjà été effectué et la rénovation avait été faite en conservant d’anciens beaux matériaux, comme le parquet marqueté. L’esprit de la maison était préservé et elle était viable rapidement. C’était exactement ce qu’il nous fallait”.
Fin mars 2014, le couple s’installe et réalise quelques travaux de peinture et d’aménagement. D’une surface de près de 200 m2, la bâtisse est distribuée sur trois niveaux. Les salon, salle à manger, cuisine, buanderie et salle de détente des propriétaires sont situés au rez-de-chaussée. Et leur espace nuit… au dernier !

DÉCOR’ARTION

Les hôtes sont donc logés au cœur de la demeure, entre les deux étages réservés aux propriétaires. Entièrement consacré à l’activité de maison d’hôtes, le premier comprend une suite familiale avec deux chambres, une grande salle de bains, et sur le même palier une chambre double avec sa salle de bains privative. Là, comme dans toute la maison, Annick a laissé s’exprimer sa passion du design et de la décoration. “Les meubles que nous avons ramenés de Belgique se marient très bien avec les boiseries sablées. Comme il y a 3,50 mètres de hauteur sous plafond, j’en ai profité pour mettre des grands luminaires, de belles pièces italiennes ; et j’ai fait faire des tentures sur mesure. J’ai commencé à décorer la maison avec 24 photos de Serge Anton, un photographe bruxellois. On exposait ses œuvres dans la boutique de Liège et je suis tombée amoureuse des regards qu’il avait photographiés. Nous avons aussi des créations d’Ottmar Hörl, un sculpteur allemand qui a voulu rendre l’art accessible à tous avec ses œuvres en plastique recyclé. J’aime avoir une empreinte contemporaine dans un espace qui a gardé l’âme de l’ancien.” Une alliance réussie qui contribue à faire du «Lit du Loup» un bien joli repaire !

+ d’infos : http://lelitduloup.com

Photos : Baudouin Litt

En chantier : parking Ravet, Chambéry

En chantier : parking Ravet, Chambéry

Voix de circulation

Dans les tuyaux depuis plus de trois ans, le controversé parking Ravet de Chambéry est finalement en phase d’achèvement. Pour l’équipe municipale élue en 2020, l’ouvrage doit s’inscrire dans sa politique de mobilité douce.


Sujet de cristallisation entre l’ancienne et la nouvelle équipe municipale, le parking Ravet a occupé bien plus que ses 490 places dans l’actualité de la cité ces dernières années.
De par sa situation à proximité de l’hyper-centre et dans le champ de vision de la patrimoniale «Fontaine des Eléphants», l’ouvrage de 6 étages (7 niveaux de stationnement avec la toiture) a fait l’objet de plusieurs recours et de spectaculaires occupations de chantier par des riverains et associations. Débutée en 2018, la construction a été stoppée l’été dernier par la municipalité pour entamer une phase de concertation avec les habitants et potentiels usagers. Elle a finalement repris fin 2020 pour être poursuivie sous la forme prévue à l’origine.

ETAT DES LIEUX

Adjointe à la mobilité durable à la Ville de Chambéry, Isabelle Dunod remet le projet en perspective : “La municipalité précédente a passé un contrat de Délégation de Service Public avec la société Q-Park. Etabli pour une durée de 30 ans à partir du 1er septembre 2017, il englobe l’exploitation et la gestion des 10 parkings existants de la ville, ainsi que la construction de 2 nouveaux ouvrages : Cassine (mis en service mi-février 2021) et Ravet. Des parkings de Chambéry ont déjà été réalisés sur ce modèle de concession dans lequel une société privée finance la construction et se rémunère sur l’exploitation. Cela permet de créer des ouvrages importants qui ne viennent pas impacter le budget de la ville, mais cela se paye forcément d’une autre façon”. En l’occurrence, notamment par cette durée contractuelle qui couvre 5 mandats. “Cela fige pour 30 ans l’usage d’un espace public !”, se désole l’élue. “La Ville peut toujours négocier avec Q-Park afin de dégager des places de parkings en-clos pour un autre projet, mais ce serait assorti d’indemnités qui peuvent vite se chiffrer en millions d’euros !”.

UNE VILLE À 2 VITESSES ?

Au-delà du stationnement, le «dossier Ravet» fait ainsi émerger deux conceptions divergentes : celles d’une ville avec ou sans voiture. Les opposants à l’ouvrage en dénoncent la localisation et la jauge. Ces contradicteurs estiment, qu’outre la disgrâce esthétique, le parking risque d’attirer un nombre encore plus important de véhicules en centre ville. Pour d’autres, l’emplacement permettrait justement d’éviter que certains automobilistes s’engagent plus avant dans l’hyper-centre.
Ayant repris cette opération déjà engagée, la municipalité compte en tirer partie selon sa philosophie : “Nous allons utiliser ce parking comme un levier pour reconquérir de l’espace public en ville”, expose Isabelle Dunod. “Ces 500 places ne doivent pas venir en supplément, mais plutôt se substituer pour partie à des emplacements existants. Nous souhaitons supprimer des places de stationnement pour en faire autre chose : redonner de l’espace aux cycles ou aux piétons, revégétaliser, etc. Il y a un enjeu majeur à sortir du stationnement de centre ville, mais nous n’allons pas faire cela brutalement. Il y aura une concertation”.

UN AUTRE CYCLE

En attendant, la municipalité entend appliquer au parking Ravet sa politique de mobilité douce. “Même si ce n’est pas aussi simple, on peut dire que c’est globalement le projet d’origine qui a été repris, après l’arrêt lié à la concertation. Mais nous l’avons fait évoluer sur plusieurs points en urbanisme et mobilité. Nous l’avons retravaillé pour améliorer le maillage de cheminement piétons-cycles autour du parking, pour reconnecter les modes doux avec le quartier derrière. Nous travaillons aussi à la modification du local à vélos pour le rendre plus ergonomique et spacieux que prévu initialement. Et nous avons modifié la vocation du local commercial de 300m2 (construit par Q-Park) prévu quai Ravet, devant le parking. Ce devait être un garage automobile et nous avons fait le choix d’en faire une sorte de Maison du vélo. Nous transformons ainsi la vocation de ce parking qui était au départ un temple dédié à la voiture”.
D’un coût prévisionnel de 10 millions d’euros HT, le parking Ravet devrait être livré en novembre 2021. Partiellement dédiée au stationnement, sa toiture sera équipée d’installations photovoltaïques et d’un belvédère-sculpture, imaginé par le cabinet Herault Arnod Architectures avec l’artiste Krijn de Koning. Une sorte de plate-forme d’observation de la circulation. Ou pas…

+ d’infos : http://chambery.fr

Photos : Herault Arnod Architectures

Escapade en savoie

Escapade en savoie

Chambres hautes

Entre montagne et campagne, la famille Hirst a posé ses envies et ses outils ! Adrian, Karine, leurs enfants Noa et Mae, le chien Joshi, le chat Harry, les poules, les canards et les oies, composent la tribu qui (re)donne vie à une ancienne ferme baujue.

A cheval sur les deux Savoie, le Massif des Bauges se décline en une verte palette de sommets, de forêts et de prés. A une trentaine de kilomètres de Chambéry, Aix-les-Bains et Annecy, Aillon-le-Vieux en est l’un des paisibles hameaux.

LOVE BOAT

Avant d’atterrir là, les quasi cinquantenaires ont parcouru la terre. Native du Berry, Karine réalise tôt ses rêves de voyage en travaillant dans les domaines de l’aviation et de la navigation. En 2003, sur un yacht privé, la jeune femme croise la route d’un autre employé… Britannique, Adrian a aussi un parcours atypique. A l’origine dans l’enseignement, il a fait le choix de larguer les amarres, flottant sur les mers du globe au gré de ses jobs. Les deux se ressemblent par leur esprit plutôt aventurier et leur envie d’aller jusqu’au bout de leurs désirs.
Etoffée par l’arrivée de Noa et Mae, la famille s’ancre en région genevoise, où Adrian reprend une fonction d’enseignant. Après quelques années en milieu urbain, le duo aspire à une vie plus proche de la nature et veut voir grandir les enfants dans la verdure.

VERS LE VERT

En 2015, Karine et Adrian se mettent donc en quête d’une nouvelle habitation. “On n’avait pas défini de lieu précis. On souhaitait juste être à une heure maximum de Genève, pour faciliter les déplacements d’Adrian jusqu’à son lieu de travail. Au départ, on voulait une petite surface, mais on a finalement eu un coup de cœur pour cette ferme typique de 450 m2, sur 1,6 hectare de terrain. On ne connaissait pas du tout les Bauges et on est tombés amoureux de l’endroit en même temps qu’on achetait la maison !”. L’idée d’y créer des chambres d’hôtes s’impose immédiatement. “Je venais de démissionner de mon travail dans l’aviation privée et je voulais me reconvertir. Grâce à nos anciennes professions, on avait tous les deux l’expérience du service haut de gamme qui collait bien à ce projet. Et puis la ferme a abrité pendant des années un Café Concert. C’est une maison qui a besoin de vivre, de recevoir du monde. On ne se serait pas vus rester juste tous les quatre dedans”.

FERME À OUVRIR

La famille pose ses bagages dans les Bauges en mai 2016 et se met à l’ouvrage. La maison de trois étages est saine, mais vieillotte et mal conçue. Il faut passer par l’extérieur pour aller d’une pièce à l’autre, ouvrir une trappe et utiliser une échelle pour changer de niveau. Bref, il faut tout refaire ! Sans se décourager devant l’ampleur des travaux à réaliser (et face à un certain scepticisme de leurs proches !), Karine et Adrian commencent par la partie logement, avant de se consacrer à l’aménagement du côté chambre d’hôtes. “Il a fallu enlever tout ce qu’il y avait à l’intérieur de la maison, casser des murs, fermer des ouvertures et en créer d’autres, refaire les fenêtres, l’escalier extérieur, les terrasses, la plomberie, l’électricité, tout repeindre. Depuis le début, je savais exactement ce que je voulais faire, mais on a dû aussi s’adapter. On voulait par exemple intégrer plus d’écologie, mais cela n’a pas été possible pour des raisons budgétaires et parce que la bâtisse ne s’y prêtait pas.

FAIT(E) MAISON

Après plus de deux ans et demi de labeur acharné, les propriétaires terminent enfin la maison d’hôtes et d’événementiel Chapamama. Au rez-de-chaussée, l’ancienne étable s’est transformée en séjour avec cheminée. Au premier étage, la lumineuse salle modulable de 50 m2 jouxte la chambre Wood de 25 m2. Au deuxième, «Forêt» et «Montagne», 18m2 chacune, se partagent l’espace sous les toits.
Attenant au séjour, avec une entrée indépendante, le duplex de 33 m2 se compose d’une chambre, d’un salon avec mezzanine et d’une salle de bain. Illuminée et actualisée, la maison a gardé des atouts de sa personnalité d’origine. “Nous avons fait la majorité des meubles, comme les têtes de lit en bois, avec des matériaux trouvés ici. Pour les tables rondes, on a «saucissonné» un gros tronc et ajouté des pieds. Les tables de la grande salle étaient à l’origine un escalier qu’on a transformé. Les lampes du duplex ont été réalisées avec des tuyaux de plomberie, etc… On a créé un intérieur très zen, intemporel, pour que tout le monde s’y sente bien. Tout cela s’est fait sans vraiment réfléchir. C’est la maison qui nous a portés.” Se laisser porter. Saisir les occasions. Des «marques de fabrique» de la fa- mille Hirst.
Nous avons beaucoup changé de parcours dans nos vies. Je pense qu’on n’en serait pas là si on avait tout calculé ! Il n’y a pas de coïncidence… Il faut faire attention à ce qui se passe autour de nous, saisir les opportunités et essayer. Ce n’est pas marrant sinon, ce n’est pas la peine de vivre ! Et même si on se trompe, il y a toujours une solution et on apprend. Nous on ne peut pas rester dans notre zone de confort. II faudra revenir dans cinq ans ! Il n’y a rien d’écrit pour le moment, mais il y aura quelque chose de nouveau, c’est certain…

+ d’infos : http://chapamama.fr

Photos : Karine Hirst

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