best of déco l’empire lyonnais

1 Mar 2018

petit palais des gaules

C’est l’histoire d’une rencontre qui n’aurait pas dû avoir lieu. Et qui fût. La preuve que c’est quand on cherche, en étant ouvert à l’idée de se laisser surprendre, que l’on trouve. Le décorum a encore de beaux jours devant lui…

Un petit Versailles. C’est la pensée qui nous traverse, en arpentant les beaux volumes de cet appartement du centre-ville lyonnais surplombant le Rhône et la place Antonin Poncet. Un Versailles sans Le Nôtre, certes, mais une hauteur de plafond vertigineuse, un décor spectaculaire de stylobates, moulures, frises de bois sculpté dorées, un authentique plancher en marqueterie du XIXème, eux sont bien là pour participer au rêve, au faste. D’ailleurs, à cette échelle, pas loin de 400m2 encadrant une cour, peut-on encore légitimement parler d’appartement ?

Pourtant, un nid aussi vaste, ce n’était pas prévu au programme. La nouvelle occupante avait l’intention de troquer son appartement aux dimensions déjà généreuses avec ses quelque 250 m2 pour une surface moindre. A condition de rester dans le quartier auquel cette dernière est très attachée ; elle en connaît le moindre recoin et toutes les bonnes adresses.

Mais le cœur a ses raisons que la raison ignore. Le coup de foudre pour les lieux est tel qu’il ne souffre aucune discussion. L’emplacement, archi central, frise l’idéal. L’enfilade de porte-fenêtres des pièces à vivre badine avec le fleuve, quand elle n’est pas occupée à se mirer dans les frondaisons d’arbres séculaires. Tout est à portée de mains et de pieds.

UN APPARTEMENT SUR ORDONNANCE

Stéphane Garotin et Pierre-Emmanuel Martin, instigateurs et animateurs de Maison Hand, un showroom de la Presqu’île lyonnaise, connaissaient bien l’endroit, «un bijou». Les précédents propriétaires avaient déjà fait appel à eux pour repenser leur intérieur. Lequel a connu plusieurs destinées. Des patients ont foulé le grand couloir d’entrée, toussoté dans la salle d’attente et murmuré bien des «Bonjour, Docteur». C’était auparavant la maison d’une grande famille lyonnaise et le cabinet médical de son chef de famille, comme on disait à l’époque.

Nouvelle ère avec Cécile, une propriétaire, volontaire de nature et en fonds, qui n’a pas fait les choses à moitié. Toute l’électricité et la plomberie sont reprises de zéro, les éléments décoratifs, cheminées et planchers rendus à la beauté originelle. Les décorateurs misent alors sur une déclinaison de tonalités chaudes pratiquement dans tout l’appartement, bronze, cendre, mastic… Le chantier de rénovation de sept mois a mobilisé la somme de 1,5 million d’euros !

Un architecte DPLG du Vieux-Lyon, Michel Bessoud, a été dépêché sur place pour refondre certains espaces. Ainsi, sur les moult mètres carrés, très peu étaient affectés à la cuisine, qui par ailleurs, était borgne. Sacrilège à une époque aussi éprise du bon manger et de repas partagés entre amis, que la propriétaire affectionne. Les boiseries ont ainsi été repoussées pour laisser place à une cuisine agrandie et dotée d’une belle cave à vins, qui appelle aux rassemblements sous la suspension Henge XXL sur mesure.

ENTRE DEUX MONDES

Comme une transition symbolique, la suite privée de Cécile : parfait équilibre entre son respect du patrimoine et son avantgardisme esthétique. Ici, la hauteur de plafond de 6 mètres a inspiré une mezzanine-salle de bains-dressing de 50 m2 toute en transparence, étonnante de luminosité qui couve désormais d’un regard bienveillant la chambre de maître.

Côté cour, le havre du cosy, les coins et recoins refuges des enfants et hôtes de Cécile prolongent cette impression de «jamais vu».

BLACK APPART

Tout (re)commence par une bibliothèque en coursive, jouant jusqu’au bout le chaleureux, bois, lumières tamisées, nuances feutrées, canapé (très) large d’assise, écran TV extra-plat, extra intégré. Un autre ton est donné. Dans ce quasi second appartement, le savoir-accueillir, plus secret, se découvre presque à la dérobée. Au bout de la coursive, une chambre-chalet. Dans le prolongement du salon cocon, l’univers de la fille de Cécile, avec sa mezzanine, son bleu et ses miroirs Sarah Lavoine bien à lui. Un univers mitoyen avec l’antre de son frère.

Et Cécile de conclure : « ici, c’est un peu l’auberge espagnole« . A chacun sa vision de l’auberge…

 

Article réalisé par Estelle Coppens et Pascale Chatillon. Photos : Sabine Serrad

Estelle Coppens

Estelle Coppens

Journaliste
SURNOM : Calamity Jane PERSONNAGE DE FICTION : La même OBJET FETICHE : n'importe quelle fleur qui sent bon et qui me fait interrompre ma route, si j'en croise. Je ne comprends pas à quoi servent les fleurs sans parfum. Le grand créateur devait avoir le nez bouché ces jours-là. Vous trouvez que ce n'est pas très compatible avec les deux questions qui précèdent ? Vous avez raison. ADAGE : Quand la mer est calme, les bateaux avancent lentement... JE GARDE : Ma bonne humeur. Un truc, chez moi qui semble avoir le pouvoir de se reconstituer. Merci maman, merci papa. JE JETTE : Mon étourderie. Les Américains ont un plus joli terme, et je les en remercie : le daydreaming. Beaucoup plus poétique. DANS 20 ANS : J'aurai toujours aussi peu de notion du temps, celui auquel on devrait arriver et fatalement, partir. Celui qui passe aussi, c'est l'avantage.

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