design Wo&Wé

sacrément allumeur !

DU MÉTAL, DU GOÛT, DE L’HUILE DE COUDE, UN PEU DE CULOT ET DE LA SUITE DANS LES IDÉES, C’EST LA RECETTE SIMPLE ET EFFICACE DE LA RÉUSSITE DES LAMPES INDUSTRIELLES WO&WÉ, CONÇUES PAR LE DESIGNER LYONNAIS OLIVIER ABRY.

Olivier Abry ©Thibault De Schepper

Au début, c’est troublant. Puis rapidement, on met des mots sur l’impression : Vincent Cassel. Oui, Olivier Abry, designer de luminaires, a bien la voix de l’acteur et même son phrasé si particulier, mélange d’empressement et de douceur. Ajoutez à cela un air de François Cluzet et voilà un portrait façon «grande famille du cinéma». Si par la force des choses, ce Lyonnais aime être dans la lumière, sa famille d’élection est plus métallique, moins remuante. Depuis 10 ans maintenant, à 56 ans, Olivier Abry dessine, fabrique en partie et assemble une collection de lampes, appliques et plafonniers inspirés de l’époque industrielle. Pas grand-chose à voir avec son précédent métier.

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CHANGE DE BRANCHE….

Olivier Abry a fait carrière chez Pier Import, boutique de la Part-Dieu où sa mère était employée. Entrée : job d’étudiant. Sortie : directeur. Entre-temps, il a gravi tous les échelons. A 45 ans, alors qu’il s’occupe d’un énième plan de départs volontaires, il comprend que c’est le moment pour lui d’aller voir ailleurs s’il y est. “A force d’en parler, je me suis rendu compte que c’était pour moi ce truc-là”. Il a déjà un penchant pour les lampes, qu’il chine avec assiduité, remet en jambes, avant de les revendre. Pas le tout venant : les lampes d’atelier américaines. Celles d’OC White notamment, dont l’esthétique «droit au but» l’éblouit. Elles ont l’avantage d’être moins vues que les Gras, Serge Mouille… De chineur-bricoleur à designer de ses propres lampes, il n’y a qu’un pas, qu’Olivier Abry franchit rapidement. Hop, la fabrication d’un premier modèle sui generis, offert à sa mère, lui montre qu’il s’est bien fait la main.

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LA BARAKA

Il décide alors de foncer, enquille les journées de 12 heures. Six mois plus tard, tous les voyants sont au vert. “Jamais je n’ai dû prendre un crédit ni me rémunérer moins de 1500 euros par mois”. Il faut dire qu’actif très tôt sur Tumblr, le designer autodidacte est vite repéré par un public de futures influenceuses, de prescripteurs. Aujourd’hui, Instagram reste sa meilleure carte de visite, ses créations ultra géométriques, pivotantes, ondulantes, articulées à une, deux, trois, et même quatre branches rehaussant de magnétiques intérieurs californiens, berlinois ou copenhaguois. Excusez du peu.
Bien sûr, les lignes simples et graphiques des collections Wo&Wé puisent dans un patrimoine esthétique industriel déjà familier. D’où peut-être une certaine évidence et une attraction quasi immédiate quand on les découvre. L’intéressé assume cette filiation. “Mes lampes, j’en suis fier, mais ce n’est pas la révolution. Tout n’est pas simple pour autant. Je recherche un équilibre. Je fais des essais. C’est moche, je recommence. Parfois, deux ans s’écoulent entre le prototype et la mise en ligne sur le site”, constate-t-il. Par rapport aux modèles dont il s’inspire, Olivier Abry a su apporter des variations, une expressivité bien à lui. Ses créations ont quelque chose de plus virevoltant et joueur que leurs aînées, sans se départir de leur implacable sens de la géométrie. Car pour lui, “les choses doivent filer à l’essentiel, sans chichis, ni trucs qui traînent susceptibles de nuire à l’effet de pureté voulu”. Aussi mordantes éteintes qu’allumées, les belles impriment leur rythme aux murs.

FABRICATION LOCALE

L’essentiel du travail d’atelier est réservé au cintrage à la main des tubes et abat-jour, étape consistant à tordre le métal pour lui faire adopter la forme souhaitée. Chaque courbe, équerre ou pliure est ainsi unique. Vient ensuite l’étape finale de l’assemblage. A part les douilles, des rééditions importées des Etats-Unis «pour le style», les autres pièces en acier et en laiton sont façonnées à côté de Lyon. Bras, articulations, abat-jour sont fabriqués à la demande, pour Wo&Wé uniquement, suivant les cotes définies par l’ancien dirlo car “chaque composante visible apporte quelque chose au design”.

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NUL N’EST PROPHÈTE…

Si l’on additionne les combinaisons possibles, le voilà à la tête d’une trentaine de modèles. Un des secrets de sa réussite : travailler sans stock, en vente directe via le site, et en solo. Sauf quand la fille d’Olivier, étudiante en école de design, vient lui prêter main forte. C’est dans les pays anglo-saxons et scandinaves que les lampes Wo&Wé cartonnent le plus. Olivier Abry figure dans le carnet d’adresses de nombreux décorateurs, dont celui des lyonnais Maison Hand, tout de même. Mais “curieusement, ça marche mieux à l’étranger…
Au fait, pourquoi «Wo&Wé» ? Un clin d’œil à la façon dont ses sœurs l’appelaient petites, n’arrivant à détacher les syllabes d’O-li-vier. Mais à regarder le fruit de son travail joliment mis en scène dans son bel, mais frisquet atelier, on aurait davantage penché pour un «Wow !» et «Ouais !»… La ville des lumières peut être fière !

+ d’infos : http://woandwe.com

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Estelle Coppens

Estelle Coppens

Journaliste
SURNOM : Calamity Jane PERSONNAGE DE FICTION : La même OBJET FETICHE : n'importe quelle fleur qui sent bon et qui me fait interrompre ma route, si j'en croise. Je ne comprends pas à quoi servent les fleurs sans parfum. Le grand créateur devait avoir le nez bouché ces jours-là. Vous trouvez que ce n'est pas très compatible avec les deux questions qui précèdent ? Vous avez raison. ADAGE : Quand la mer est calme, les bateaux avancent lentement... JE GARDE : Ma bonne humeur. Un truc, chez moi qui semble avoir le pouvoir de se reconstituer. Merci maman, merci papa. JE JETTE : Mon étourderie. Les Américains ont un plus joli terme, et je les en remercie : le daydreaming. Beaucoup plus poétique. DANS 20 ANS : J'aurai toujours aussi peu de notion du temps, celui auquel on devrait arriver et fatalement, partir. Celui qui passe aussi, c'est l'avantage.

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