en chantier: Annemasse

annemasse sur les rails

“CE SOIR AU BAR DE LA GARE, IGOR, HAGARD, N’ARRIVE PAS À Y CROIRE, CAR SON PARVIS, SON PETIT PARVIS A VRAIMENT CHANGÉ”. VOILÀ EN SUBSTANCE CE QU’AURAIT ENTONNÉ BOBBY LAPOINTE S’IL AVAIT ÉCRIT SA CHANSONNETTE À ANNEMASSE, CAR EN QUELQUES ANNÉES, LA GARE ET SES ABORDS SE SONT MÉTAMORPHOSÉS.

Si Igor descendait du train après 3 ans d’absence, il n’y retrouverait en effet pas ses petits. A l’image de la ville dans les deux dernières décennies, le quartier de la gare a entièrement changé de physionomie. A commencer par le bâtiment lui-même, dont on a coupé les ailes, et qui est intégré dans une structure de verre ultra moderne. Seule sa façade historique est encore visible. “Nous avions la volonté de la garder, car si la ville d’Annemasse est devenue ce qu’elle est aujourd’hui, c’est autour du développement de la gare”, explique le maire, Christian Dupessey. “Elle est le symbole de l’arrivée de la modernité : avant le train (ndlr : à la fin du XIXe siècle), Annemasse était plus petit qu’Ambilly ou Ville-la-Grand. C’est cet emplacement qui a fait qu’elle s’est développée comme ville-centre.” Cette nouvelle gare «augmentée» proposera bientôt les traditionnels points presse et restauration rapide, mais aussi un supermarché aux horaires adaptés aux besoins des voyageurs et doublé d’un espace de co-working. Un dernier emplacement, qui n’est pas encore attribué, espère, lui, attirer les déclinaisons bistronomiques d’un chef étoilé. Et s’il laissait filer son regard un peu plus loin, vers l’entrée de l’avenue Emile Zola, notre Igor désorienté retrouverait quand même un repère : la silhouette arrondie et toujours familière de la Halle Taponnier, une des premières en béton armé réalisée par Eugène Freyssinet, qui appartient toujours à la SNCF, mais pourrait devenir, à moyen terme, un centre de convention ou un tiers-lieu culturel.

Vers 1960 ©Archives municipales d’Annemasse

MOBILITÉ ET NOUVEAUTÉS

Devant la gare, Igor cherche un taxi, mais la place, qui, pendant longtemps, fut surtout un parking, est aujourd’hui un parvis de 7000 m2 baptisé «Esplanade François Mitterand», sur lequel poussent des arbres et du mobilier urbain en acier corten. Il s’étend jusqu’à un autre symbole du passé : le bâtiment Braillard d’où, dans la première partie du XXe siècle, partaient les trains en direction de Samoëns et de la Vallée du Giffre. Si son architecture bernoise a été conservée, elle est aujourd’hui parée d’une extension contemporaine aux finitions métalliques, et abrite la Maison de la Mobilité et du Tourisme. C’est là que notre visiteur trouvera le moyen de transport le plus rapide jusqu’à sa destination. Et il ne manquera pas d’options.
L’arrivée du Léman Express, des bus, des voies vertes ou la piétonisation, montrent, qu’encore une fois, c’est la mobilité qui donne un nouvel élan à la ville. Et cette révolution de la mobilité débouche sur une révolution urbaine.” Dans laquelle s’inscrit évidemment ce quartier de la gare. Preuves en sont les paravents, les grues qui tournent et le brouhaha permanent des chantiers alentours. Si celui du bâtiment de la gare a pris un peu de retard pendant le confinement, il devrait s’achever au premier trimestre 2021.

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VIE ET PARVIS

Mais aujourd’hui, si Igor se retrouve au bar de la gare, c’est qu’il ne peut plus, comme il en avait l’habitude, boire son café à l’Hôtel de l’Europe. L’alignement de petits bâtiments et commerces qui faisaient face à la gare a en effet été rasé pour faire place à de grands et hauts ensembles. D’ici la fin de l’année, Igor paiera certainement un peu plus cher qu’au comptoir, mais il pourra siroter son petit noir au 7e étage du nouvel hôtel 4****, pour profiter, depuis le rooftop, de la vue sur le Jura, le Léman, le jet d’eau de Genève et le Mont-Blanc. Un panorama déjà accessible, mais sans café, à celui qui gare sa voiture au dernier étage du nouveau parking Gare-Etoile : 500 places au-dessus de la gare routière, flambant neuve avec ses 9 quais et ses 400m2 de fresque urbaine réalisés cet été par l’association Glitch. A côté de l’hôtel, et aux abords du parvis, se dresse également un immeuble de 33 appartements et studios, prévus à la livraison pour le 2e trimestre 2022. C’est le premier d’une série de bâtiments d’habitation, avec activités commerciales en rez-de-chaussée, qui rhabillera la pointe où se rejoignent l’avenue Emile Zola et l’avenue de la Gare. “Nous avons fait le choix de logements sur cette place, parce qu’on ne voulait pas d’un centre-ville qu’on vide de ses habitants”, précise Christian Dupessey. “On est au cœur de l’agglo, cet espace doit donc vivre naturellement. Aujourd’hui, il voit passer 50 000 voyageurs par jour, mais pour du shopping ou pour un resto, on va vite y venir pour d’autres raisons que pour les transports. Les gens vont se l’approprier sans problème.” D’autant que depuis le mois de septembre, l’ouverture d’un large souterrain au cœur de la gare relie non seulement les deux parvis nord et sud, mais rapproche également les piétons d’Ambilly, de Ville-la-Grand et du futur Eco-Quartier de l’Etoile. Un nouveau morceau de ville de 165 000 m2, qui a commencé à sortir de terre en 2019 et dont la construction s’étalera jusqu’à 2031. “Nous avons fait le pari que cette révolution urbaine maîtrisée améliorera la qualité de vie en ville, et donc aussi l’image de la ville”, conclut Christian Dupessey. “Nous n’avons pas vraiment de centre historique, nous avons donc tout misé sur la contemporanéité. Nous regardons devant.” En criant : “Gare !

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Mélanie Marullaz

Mélanie Marullaz

Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

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