escapade dans la Drôme

La prise de la Bastide

Qu’il est loin le temps jadis où le Marquis de Condorcet faisait la révolution des lumières, ici, à Condorcet. Philosophe du 18e, il n’est sûrement pas étranger aux lettres de noblesse accrochées aux murs de la Bastide du vieux chêne… Et quelle littérature !

C, M, J ou N, à chaque chambre sa lettre et sa petite histoire. Cyan, Magenta, Jaune ou Noire, les pièces vitaminent le sujet, même les cigales se mettent à swinguer ! Et dans cette vieille bâtisse de la Drôme provençale, force est de constater que l’agitation ne manque pas. Delphine, la propriétaire, nous embarque dans sa farandole un peu folle : “C’est le chantier ! On fait tous les chemins d’accès, c’est gigantesque ! Ce matin, ils ont passé tout le tour de la piscine au Karcher, ça représente 100m2 quand même !!
Et oui, depuis qu’ils ont envahi les murs de la ferme avec Philippe en 2008, ils n’arrêtent plus. La jeune femme est enfant du pays, son mari plutôt belge expatrié. A eux deux, attention les yeux ! Une belle famille recomposée, une vie pro qui baigne jusque dans les rouages de leur imprimerie, quand 2014 gronde sur leur paradis : c’est la douche froide ! “Tout s’est écroulé… Un vol plané intersidéral. On a déposé le bilan et on s’est retrouvé sans travail, dans notre immense propriété, avec 4 enfants déjà grands et un tout dernier à naître…” C’était la révolution… Et la reconversion !!!!

JETÉ DE DÉS !

Parce qu’à cette époque, il n’y a pas plus de maison d’hôtes que de boulot. Le couple très très hyperactif, perfectionniste, un peu bringueur (beaucoup même) se retrouve du jour au lendemain, les mains dans les poches à écouter le silence. Ça va bien 5 minutes, la plaisanterie ! Ils commencent par louer la bastide une semaine l’été, puis une chambre, mais ça ne prend pas. “Un jour, Philippe entend parler d’un site de location, mais c’était tout en anglais !! Et j’ai oublié de valider. Alors forcément que ça n’allait rien donné… Quand on nous a appelés en décembre 2014 pour finaliser le dossier en attente, comme par magie, on s’est mis à louer comme des fous !” Mais Delphine insiste, c’est le fruit du hasard. Les maisons d’hôtes, ils ne connaissaient pas. Leur truc, c’était l’hôtel et puis “on n’était pas passionnés, on ne l’a pas fait exprès, mon mari est plutôt réservé et pas hyper avenant, aller au devant des gens, c’était bizarre !!! Moi, j’étais enceinte, j’avais peur de mon ombre et perdu confiance. On n’y connaissait rien, on a mis le doigt dedans, tout à l’impro !

BIEN ARMÉS !

Mais la chance du débutant leur file un coup de main, leurs proches aussi. “On avait l’air de deux chiens battus et quand on menait les travaux, aïe aïe aïe !!! Alors ce sont eux qui ont fait notre thérapie. On leur parlait, on écoutait leurs histoires, on a appris beaucoup. Parce que si les choses ont évolué, au départ, on était vraiment nuls !!! La première fois que j’ai dit à mes copines que Philippe carrelait, elles se sont marrées, il ne savait pas planter un clou. Mais accompagné de notre voisin Mac Gyver, aujourd’hui placo et carrelage n’ont plus aucun secret !” Pourtant, vous l’avez achetée cette maison, Delphine ? Quand on est nul, comme vous dites, ce n’est pas culotté ?

LET THE SUNSHINE IN

Evidemment ! Avec ses 500m2 habitables, sa cour intérieure, un hectare de terrain et deux bâtiments de ferme indépendants à raccorder, il y avait un taff de malade à l’arrivée ! Même pas peur ! “On était complètement inconscients, et la plupart des gens auraient dit « ça craint ! » Mais nous, pas du tout ! C’était top, on allait faire des bringues de dingue, jamais on a pensé au compliqué”. Ils cassent toutes les cloisons et font de gros volumes, gardent les murs en pierre, l’ossature du parquet centenaire aujourd’hui recouvert et une vieille terre cuite «ringarde» dans la galerie qui dessert les chambres, précise Delphine. Pour le reste, en avant masse, marteau-piqueur et tutti quanti, le bazar, c’est pas un souci ! Les espaces sont ouverts, des dalles de verres et verrières installées partout et hop, la lumière… De la couleur à foison, bleu clair puissant, fuschia vif ou touche de citron, la bastide se réchauffe comme un soleil. Les extérieurs sont aplatis et remis à niveau pour faciliter les accès, ils veulent de l’unité, de la proximité, et pour cause : “On a une grande famille, c’est la maison de la convivialité, et quand ils sont tous là, ça se compte par centaine, ça fait du monde !” Parce que si Delphine, derrière son langage brut de pomme et son air éparpillé, est une tornade, sensibilité et humanité respirent à grandes bouffées, et qu’est-ce qu’elle pétille !!

PEACE AND LOVE

Et la maison est comme elle, lui et surtout eux, multi-facettes. Du chic épuré au psyché délice, les styles se mélangent et s’arrangent, totalement décomplexés. Parce que pour le couple, priorité rime avec bien d’être. « Libre comme l’art », «viens on s’aime, genre toute la vie », palabres en cascade et petits mots gentils sont même tatoués aux murs, pour nous faire la lecture. D’un barock’n’roll à un vieux tronc d’arbre déco, de bouées flash suspendues en flacons vintage menus, l’ambiance n’a de reflet que leur personnalité explosive et pleine de surprises. Grandes tablées et plaid de laine crocheté, cage à oiseaux, plumes à froufrou ou coussins tous doux, terrasse rétro, ciment en carreaux, bouquins mélo et rires à gogo, ici, on marche pieds nus et on sifflote, musique aux éclats, sans tralalas.
Assis à l’ombre d’un vieux chêne, on prend le temps de rêvasser, au pied de la lettre et sans arrêt, on sirote une vie reconvertie, réussie, mais surtout pas finie, c’est leur révolution à eux et ça ne fait aucun doute, ça rend heureux !!

+ d’infos : http://bastide-vieux-chene.com

Photos : Christophe Abbes

Magali Buy

Magali Buy

SURNOM : Mag... (d'ailleurs activ'mag c'est pour moi, non ?) PERSONNAGE DE FICTION : Xéna la guerrière OBJET FETICHE : mon piano, il m’écoute, me répond et me comprend mieux que personne. ADAGE : « si tout le monde sait où tu vas, tu n’arriveras jamais à ta destination. Laisse-les croire que tu dors.» JE GARDE : mon mauvais caractère, ma langue bien pendue, mon cœur ouvert et mes yeux verts JE JETTE : mon insécurité, ma cellulite et ma paranoïa... DANS 20 ANS : la même en pire, si c'est possible !

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