MAISON D’HÔTES : Ô ANNECY à st jorioz

13 Avr 2022

LA VUE EN GRAND

Embrasser la quasi-totalité du lac d’Annecy d’un seul regard, tout en profitant de l’ombre des pins pour siroter l’apéro ? C’est possible dans la maison de Ta et Bernard Guénin, pourvoyeurs de tranquillité et de Phat Krapao*, sur les hauteurs de Saint-Jorioz.

(* SPÉCIALITÉ THAÏE DE VIANDE SAUTÉE AU BASILIC)

Au bout de l’allée, il y a d’abord cette imposante bâtisse bourgeoise, façade sable et volets brique. Il y a ensuite le vert des pins, qui donne au jardin des allures de bord de mer, de Côte Atlantique. Le cendré de leur écorce fait écho au mélèze qui enveloppe le nouveau bâtiment. Et c’est là, en haut de l’escalier cloisonné pour préserver le suspense, que se dévoile le véritable spectacle : une fois franchi le seuil d’une chambre, n’importe laquelle, le bleu du lac l’emporte sur tout le reste. Depuis chaque fenêtre, chaque balcon, il s’étend de tout son long, surplombé par le Mont Veyrier, le Parmelan, la Tournette et les Dents de Lanfon.

MONTER AUX FILETS

Pendant près d’un an, Bernard et Ta n’ont pas voulu visiter cet endroit, ils cherchaient plus près de l’eau. Mais le jour où le hasard les fait finalement s’engager dans l’allée, ils tombent sous le charme de la vue, évidemment, de la pinède et des 5000 m2 de terrain. Ils envisagent d’abord d’y construire des cabanes dans les arbres, mais le site fait partie du parc naturel régional des Bauges. Ils se contenteront donc de filets suspendus, dans lesquels on peut faire salon ou dormir à la belle étoile, et se tournent vers un accueil plus traditionnel, dans la maison. Construite à la fin du XIXe-début XXe par un industriel lillois, elle est en bon état. Elle n’a besoin que de retouches «cosmétiques», peintures, déco et salles de bains, ce qui ne les effraie pas : “juste avant, on avait acheté les quatre plus vieux murs du village d’Arthaz, on avait tout cassé et tout refait”, raconte Bernard. Ils n’ont donc pas peur de voir plus gros, s’attaquent à la cave qui doit accueillir la chaudière à bois, et déplacent le garage. Carrément. À la place, ils font construire une annexe moderne par Eden Home, dans laquelle sont aménagés deux chambres, un gîte, une “micro-piscine hyper technique”, chauffée par la fameuse chaudière à bois, et un spa. “On voulait un bâtiment qui fasse agricole, les lames de bois à l’extérieur rappellent les anciens séchoirs”.

THAÏE HÔTE

À l’intérieur, Ta choisit les couleurs, du bleu lac, du vert pin –ah tiens ?–quand Bernard, «fondu d’art contemporain», s’attelle à choisir une toile par chambre. Ensemble, ils chinent le mobilier, «pour casser le côté trop moderne» : “on partait le matin avec la remorque derrière la voiture et on se faisait les salles des ventes”. Côté ambiance, objectif : déconnection. Pas de télévision, pas de téléphone, pas de bruit… Juste le calme et la vue, dont viennent aussi profiter cerfs et sangliers. Pour ce qui est de l’ancien bâtiment, par contre, pas besoin de forcer le trait, il a déjà tout d’une maison de famille. Dans les pièces à vivre, le couple y accroche donc des photos en noir et blanc de leurs ascendants et privilégie les meubles qui ont un sens, une histoire, comme ces fauteuils de couvent, ce lit de bonne sœur, ce rangement industriel d’une usine de la Vallée de l’Arve ou encore cette magistrale table en bois massif, taillée d’un seul tenant dans un chêne centenaire du village natal de Bernard, en Bourgogne. Ta, elle, est née en Thaïlande, et ce n’est pas avec un meuble qu’elle en est revenue, mais avec toute une palette d’épices, de saveurs et de plats traditionnels qu’elle prépare pour leurs hôtes.

D’ASIE ET D’AILLEURS

Et quand ce n’est pas avec la cuisine de la maîtresse des lieux, c’est à l’étage, dans l’une des trois chambres, que l’on est transporté en Asie : “c’était une sorte de tradition française du XIXe”, explique Bernard, “dans les grandes maisons, on trouvait souvent une pièce asiatique, les meubles dans cette chambre sont donc issus d’une collection du Bon Marché de cette époque, fabriquée en France, mais imitant le style asiatique.” Pas de thématique exotique dans les deux autres chambres de la maison principale, mais de belles lumières, avec ces grandes fenêtres qui appellent toujours vers l’incroyable panorama, des draps en lin et des couleurs douces pour le côté cocon et une décoration qui n’en fait pas des caisses. Tous les deux connaissent très bien le monde de l’hôtellerie : Bernard en tant que professionnel de l’accueil, formé à l’École Hôtelière de Lausanne (EHL), a géré plusieurs établissements, et Ta en tant que cliente –car son domaine à elle, c’est plutôt la chimie et les hydrocarbures–. Et pourtant : “notre idée, c’était de faire un anti-hôtel, de virer tous les marqueurs, tout ce qui nous paraissait logique.” Avec leurs bons petits plats, leurs tasses faites à la main, leurs confitures et gâteaux maison, pari réussi : on s’installe chez Bernard et Ta comme on s’installerait chez des amis.

+ d’infos : http://chambre-hotes-o-annecy.com

Mélanie Marullaz

Mélanie Marullaz

Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

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