Patrimoine d’Arménie

SEULE EN TREK

30 ANS ET DÉJÀ PLUS DE 30 PAYS TRAVERSÉS… SARAH A DU KILOMÈTRE SOUS LES BASKETS, SORTIE DES SENTIERS FOULÉS EXIGÉE, RENCONTRES INATTENDUES COCHÉES.

Sarah Goudeau

Premier tour du monde en 2015, depuis, Sarah n’a pas raccroché le sac à dos au portemanteau, dès qu’elle peut reprendre le large, elle part. Dernier voyage en date : l’Arménie, suivi de la Géorgie en 2019. Pas forcément la première destination que l’on inscrit sur sa check list, et pourtant…

Monastère Noravank près de Eghegnazor

LONESOME GIRL

Quand je rencontre Sarah, cela fait 3 jours qu’elle a posé ses meubles à Thônes ou quand déconfinement rime avec déménagement. Partie de sa Bourgogne natale, elle commence tout juste une nouvelle vie, à la montagne, révélation sans appel de son dernier périple.
Sarah n’a pas toujours été une baroudeuse, “avec mes parents, nous pas- sions nos vacances d’hiver à La Clusaz et nos étés en Bretagne”, classique. Quelques stages à l’étranger lors de ses études de commerce lui servent de déclencheur : l’Afrique du Sud, Bali, Montréal. Pas mal pour un début. Diplôme acquis, Sarah crée et organise des voyages en Asie, dans une agence durant 2 ans et demi, avant de tout quitter pour partir 10 mois. Quand la copine qui l’accompagne doit rentrer précipitamment en France au bout de 2 mois, elle décide de poursuivre son rêve, seule, tant pis. Nouveau déclic, depuis, Sarah voyage seule avec ses deux sacs à dos préférés, fidèles parmi les fidèles.

Région d’Erevan

Aucun faux bond possible, à part peut-être un craquage de couture. “J’aime l’idée de ne dépendre de personne, d’être totalement libre et de tracer ma route. Être une femme qui voyage seule, cela permet vraiment plus de rencontres, ça éveille forcément la curiosité”. Et pour garantir une immersion totale, elle dort en auberge de jeunesse ou chez l’habitant. Rien de superflu.

Erevan
A Dilidjan

ART-THENTIQUE

Sarah vit (et conte) ses voyages comme une aventurière, appareil photo en bandoulière. Dernier en date donc à l’automne 2019, l’Arménie. “Je recherchais vraiment une destination atypique, peu explorée”. On le sait peu, mais l’Arménie est particulièrement riche sur le plan patrimonial. Son petit territoire est maillé de très nombreux monastères, témoins de la ferveur chrétienne, dont beaucoup sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Le plus souvent isolés, ils jaillissent ici et là au cœur d’un territoire, certes montagnard, mais pas trop escarpé pour pouvoir le parcourir à pied. Première étape : Erevan, la capitale, perchée à près de 1 000 m d’altitude – comme 90% du territoire arménien – dont l’architecture de tuf volcanique ocre et rose décline toute une palette de tonalités chaudes, avec en toile de fond l’impressionnant Mont Ararat qui culmine à plus de 5 000 mètres.

Marché couvert d’Erevan

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Une capitale à taille humaine, dans laquelle Sarah prend surtout le temps de déambuler, sans but précis. “Pour moi, les grandes villes ne sont pas forcément représentatives des pays que je traverse, je préfère vite m’en extraire”. Mais avant de reprendre son baluchon, elle fait halte dans un marché couvert, là où l’on capte forcément les odeurs et les couleurs d’un pays. Guirlandes de fruits secs, paniers abondants de fruits aux formes très généreuses, potées de légumes cuits, épices en vrac et senteurs méditerranéennes, le marché tient toutes ses promesses, les petits plats aussi. Des marchands ambulants de fruits, elle en trouvera d’ailleurs un peu partout sur son parcours. Tout comme ces drôles de cahutes de fortune, sous lesquelles les hommes jouent à une sorte de backgammon.

CHOC NATUREL

Après deux jours dans la ville, toujours en mode improvisation, “je me laisse porter par les rencontres et les lieux dont on me parle sur place”, Sarah part en bus et à pied rejoindre deux monastères de la région. C’est là que la voyageuse fait sa première rencontre marquante. “Alors que je marche, trois femmes me font signe, elles me servent du café, des noix et des fruits et, contre toute attente, me font découvrir comment elles font leur pain”. Une sorte de pain pita qu’elles façonnent à la main. Pétrie, étalée sur une plaque puis travaillée et tournée comme une pâte à pizza, avant d’être plaquée sur une sorte de coussin, la pâte est ensuite collée sur la paroi d’un four semi-enterré où elle cuit. Soit 150 pains en 4 heures ! Sacré rendement… et sacrée rencontre. “La plus ancienne n’arrêtait pas de me donner à manger et elle m’a copieusement rempli le sac à dos avant de me laisser repartir ! Inoubliable”.

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Après une escale au monastère de Khor Virap perché au-dessus d’une immense plaine de vignes verdoyantes avec le Mont Ararat et ses sommets enneigés en surplomb, Sarah rejoint la petite ville d’Eghegnazor, puis après deux jours de rando de 10 à 15km, le monastère de Noravank perdu au milieu de montagnes à la pierre rouge. “Le paysage me subjugue, les couleurs, ces montagnes rocailleuses et arides et au milieu de nulle part, ce patrimoine extrêmement bien entretenu”. Sur la route qui mène à Goris et au monastère de Tatev, elle croise souvent le chemin de troupeaux d’animaux, des moutons et des chèvres avec des bergers, mais aussi beaucoup de vaches gardées par des hommes à cheval. Elle croise aussi celui d’une jeune adolescente de 16 ans qui propose de lui servir de guide. “Pleine de rêves, ultra cultivée, elle m’a parlé avec passion de son pays sans rien attendre en retour”. C’est ainsi qu’elle découvre le village troglodyte de Khndzoresk qui était encore habité jusque dans les années 1960.

Monastère de Tatev

Sarah reprend la route du Nord pour revenir du côté du Lac Sevan, une véritable mer intérieure qui fait deux fois et demi la taille du Lac Léman (c’est dire !), puis Dilidjan et son parc naturel, appelés la Suisse arménienne (presque comme à la maison) pour ses grands espaces très verts et ses forêts qui contrastent fortement avec les reliefs arides du Sud. C’est tout au Nord, à la frontière avec la Géorgie, près d’Alaverdi et de ses influences nettement plus soviétiques, que Sarah achève son tour d’Arménie avant de poursuivre vers le pays voisin. La Géorgie qui finira de convaincre la voyageuse qu’elle est faite pour vivre à la montagne. Là où j’ai eu la chance de croiser sa route… inspirante.

Lac Sevan

+ d’infos :
Instagram sarahcontesesvoyages

Photos Sarah Goudeau

 

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Gaëlle Tagliabue

Gaëlle Tagliabue

Journaliste
SURNOM : Gaz, Gazou et toutes ses déclinaisons les plus suspectes. PERSONNAGE DE FICTION : Mercredi de la Famille Addams, j’adore son côté dark et cinglant sous ses airs d’enfant sage. OBJET FETICHE : La chanson qui colle à l’instant, elle me suit partout. ADAGE : "Mon principal défaut c’est de les avoir tous…" C’est de mon père, j’adore cette phrase. JE GARDE : Mes amours, mes amis. JE JETTE : Mes emmerdes, quoique... La peur et le doute… mes poubelles sont pleines ! DANS 20 ANS ? En escale entre 2 voyages, en train de raturer un carnet noirci de belles histoires.

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