speakeasy : chut… on boit !

26 Jan 2018

pour boire heureux buvons cachés…

Au fond d’un lavomatic… Au sous-sol d’un kébab… Derrière une porte cochère ordinaire, se nichent des spots insoupçonnés que le passant assoiffé ne débusquera jamais, s’il n’est pas briefé. Un jeu de piste juste insolite, incontournable et fun… Speakeasy, ça te parle ?

Pour mémoire, le XVIIIème amendement à la Constitution américaine entre en application le 16 janvier 1920. Il interdit la consommation, la production, la vente, le transport et l’importation de boissons alcoolisés. Ce sont les années de la prohibition auxquelles le Président Roosevelt mettra un terme en 1933. Mais, qui a bu boira…

CHUT… ON SE MURGE !

A cette époque, il devient donc extrêmement difficile de se procurer de l’alcool. Une chance providentielle pour les empires mafieux et leur chef de file Al Capone. Les Américains continuent ainsi à picoler dans des bars clandestins appelés «speakeasy». Les patrons donnant pour consigne à leurs clients de parler bas afin d’éviter de se faire repérer par les fédéraux quand ils demandent si «l’annexe» est open… Et dans cette annexe, on écoute du jazz, on danse, on boit jusqu’à plus soif, en secret et en toute illégalité.

Flash back donc sur les interdits festifs et alcoolisés transgressés au siècle dernier, mais revisités en versions contemporaines: en 2006, aux U.S., le Chumley’s, un ancien «clandé» reprend du service dans Greenwich Village à New York, tandis que le «Please, don’t tell» pérennise également le concept du «confidentiel» dans East Village : tu entres dans une boutique qui vend des hot-dogs. Tu vas dans la cabine téléphonique, tu composes le number 1. Alors une porte s’ouvre au fond de la salle, découvrant un bar à cocktails improbable…

SOUFFLER N’EST PAS JOUER, MAIS BON…

Aujourd’hui, l’esprit speakeasy ressurgit aussi à travers des bars trendy à Paris. Même principe, de l’extérieur, on les voit à peine, voire pas du tout. Vous pouvez passer devant plusieurs fois sans même les repérer. Ses parangons font florès et chacun de ces lieux a sa spécificité. On vous vend la mèche, mais ne le dites à personne !

A PARIS

le plus culotté : Le Calbar

82 Rue de Charenton – Paris

Ici tous les serveurs vous servent sans pantalon, mais avec une chemise et un noeud papillon. Les 2 proprios, 2 potes, recherchaient avant tout un concept ludique et drôle, un bar à cocktails qui mêle l’ambiance anglo-saxonne des bars époque prohibition, tout en restant chic. Cet ancien bar à vins à la décoration soignée rappelle les lofts new-yorkais tout en briques apparentes, avec des tableaux de street art et un mobilier en bois aux lignes claires. Il faut traverser une cage d’escalier pour découvrir l’espace lounge meublé de confortables canapés Chesterfield, sur fond sonore hip-hop et électro. Les aficionados de mixologie seront ravis par la carte impressionnante de cocktails aux alcools rares et de qualité. Et pour que les serveurs se sentent moins seuls, les clients sont invités à participer à un apéro mensuel… en caleçon.

Le Calbar

LE PIONNIER : Le Candelaria

52 rue Saintonge – Paris

Dans le Marais, le plus «authentiquement mexicain». Dissimulé au fond d’une petite Taqueria bondée. La porte étroite blanche du placard à balais franchie, changement de décor: salle tamisée, cosy. On sirote des cocktails détonants à la Téquila, en grignotant des tostadas.

Le Candelaria

Le plus discret : Le Moonshiner

11 rue Sedaine (quartier Roquette) – Paris

Pousse les lourdes portes métalliques de la chambre froide de la Pizzeria Da Vito pour découvrir l’ambiance vintage des années 20. Vous êtes en pleine prohibition avec pas moins de 80 références de whisky!

Le Moonshiner

Le plus douteux : Le Syndicat

51 Faubourg Saint Denis – Paris

A l’extérieur, on imagine un rade mal famé. A l’intérieur, élégance et raffinement. Spécialités : les vieux alcools français oubliés, les classiques revisités. Haut de gamme.

Le syndicat et sa façade
Le syndicat, passée la porte

Le Clandestin : La Mezcaleria

13 boulevard du Temple – Paris

Dans le Marais également. Si la culture sud-américaine te fait kiffer, rendez-vous dans la salle mexico-colorée-gothique camouflée à l’arrière des cuisines d’un resto péruvien d’un hôtel charmant, l’1K. Grande variété de mezcal à déguster face à une impressionnante Santa Muerte en papier mâché bigarré.

La Mezcaleria

Le plus «propre » : Le Lavomatic

30 rue René Boulanger – Paris

Un bar à découvrir en actionnant la porte du sèche-linge d’une vraie laverie traditionnelle, de la rue Boulanger, près de République. Confortable et lumineux, l’adresse parfaite pour laver son linge entre amis.

Le Lavomatic

Le plus mec : Le Gentlemen

6 rue Jean Mermoz – Paris

Une enseigne de barbier où rien n’est trop raffiné pour le client. Une porte à pousser au fond du salon et vous débarquez dans un pub tout boisé. Grand fumoir et cocktails classiques.

Le Gentlemen, côté Barbier
Le Gentlemen, côté comptoir

ET DU CÔTÉ DE CHEZ NOUS…

L’Antiquaire

On trouve des speakeasy dans toute la France. Notamment à Lyon, allez, on vous souffle l’adresse : L’antiquaire, 20 rue Hyppolite Flandrin. Aucun signe n’indique ce bar caché derrière une porte ordinaire. Retour dans l’Amérique des années 20. Posters vintage. Serveur en cravate noire et queue de pie. Ambiance so chic.

L’Antiquaire

Le plus givré : le Bleu Nuit

Pour finir, à Genève, Le Bleu Nuit, 12 rue du Vieux Billard. Une devanture sobre, «Bleu Nuit» est inscrit en tout petit, c’est à peine si on le devine. Au fond du restaurant, un bar dissimulé derrière la porte d’un frigo. Ce speakeasy, connu désormais sous le nom «Le Frigo», a mis son espace, l’arrière salle du resto, à disposition des étudiants de la HEAD comme terrain d’expérimentation pour créer régulièrement différentes atmosphères dans le cadre de workshops. Nouvelle ambiance, même endroit. Un doux mélange de décadence retenue, d’une pointe d’insolence, les cocktails maison défilent au même rythme que les habitués, sur fond de musique spécialement sélectionnée par le propriétaire. Un lieu confidentiel, comme une adresse que l’on se refile sous le manteau.

le Bleu Nuit

© vincent Auceaume (le calbar), © Louise Alavoine (le syndicat)

Christine Mouez Gojon

Christine Mouez Gojon

Journaliste
SURNOM: Chris. PERSONNAGE DE FICTION: la fée Mélusine. OBJET FETICHE : une minuscule médaille de Notre Dame de Laghet (A La Turbie, village qui surplombe Monaco). ADAGE : Dieu nous a donné le vivre. C’est à nous de nous donner le bien vivre (Voltaire). JE GARDE: mes pieds. Ils me font avancer. JE JETTE: rien, par peur de manquer. DANS 20 ANS? savoir plaire, pour ne pas déplaire.

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