Vignerons – Stéphane Ogier

Côte à cote

Avec ses vins fins et ses millésimes sublimes, cette côte-là, rôtie à cœur, a su gagner les verres, séduire les palais et jouit aujourd’hui d’une sacrée cote ! Mais c’est à Ampuis qu’elle s’épanouit, entre les mains et les rangs de Stéphane… Ogier, Ogier, braves gens !

Par Mélanie Marullaz – photos : Clément Sirieys

« Virtuose », « grand couturier », « l’un des plus doués de sa génération »… Sur le papier, Stéphane Ogier a de quoi impressionner. En photo aussi, quand, sur la page Facebook de son domaine, il pose bras dessus, bras dessous avec Bruel, Timsit et Jamie Cullum, ou explique à Emmanuel Macron les subtilités de son terroir. Les étoiles dansent et s’affolent autour de ce jeune vigneron, et il finit d’en mettre plein les yeux quand les grilles de la propriété s’ouvrent sur sa cave : un imposant ensemble aux lignes ultra-contemporaines, sobre, graphique et terriblement élégant. Coup d’œil à mon look « terrain » du jour, peut-être aurais-je dû m’habiller différemment… Mais la peur de faire tâche (de vin ?) s’évanouit à l’entrée, devant la fresque dense et déjantée du street-artiste lyonnais Jaké : il a bombé de noir et blanc le petit coin de cet immense bâtiment. Le contraste est saisissant, l’homme qui nous accueille a du relief, forcément.

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Blonde et brune

Comme en a son domaine. Des pentes à 100% – bon, d’accord, peut-être pas mesurés, mais ressentis en tous cas, surtout quand son petit 4×4 pique du nez à la quasi verticale sur les étroits chemins qui les sillonnent ! – sur des côtes blondes et brunes, mais surtout rôties. Les premières sont granitiques, leur sol léger donne des vins aromatiques, fins et floraux, quand le schiste rocailleux des secondes livre des breuvages puissants. En se complétant, ces deux terroirs font la richesse de l’appellation. Stéphane Ogier les connaît par cœur. Et, malgré son carnet de bal plein à craquer, il les partage volontiers, cheveux au vent et pied au plancher, avec l’enthousiasme et la simplicité de ceux qui n’ont rien à prouver.

Dans sa famille, on a des vignes depuis 7 générations. Son père cultivait plutôt des fruits, mais est le premier Ogier à produire du vin, en 1983. Sous les yeux de Stéphane qui, à 6 ans, décide rapidement qu’il ne sera ni pompier ni gendarme, mais vigneron quand il sera grand. Bac agricole et BTS en Bourgogne, diplôme d’œnologue à Dijon… Quand il a terminé, son père lui demande de rentrer. “J’ai dit ok, mais l’hiver je pars ! Je suis donc allé en Afrique du Sud, dans de grosses structures ; aujourd’hui, c’est quasiment un passage obligatoire, mais ça ne se faisait pas tant que ça, à l’époque. Ça m’a permis de découvrir des cépages différents, de m’ouvrir l’esprit sur les vins étrangers, sur la perception des vins français… J’en suis revenu renforcé : on a de la chance d’être né ici, d’avoir ces terroirs, déjà reconnus.” Ce qui n’est pas tout à fait le cas du côté de Cape Town, mais il y affine son sens déjà aigu du travail à la cave.

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Arches ou rêves

Quand il réintègre l’affaire familiale, en 1997, le vignoble de Côte-rôtie ne fait que la moitié de sa surface actuelle. Les appellations rhodaniennes sont en pleine renaissance, le prix des parcelles a commencé à monter, “mais il restait dérisoire par rapport à aujourd’hui. J’ai quand même pu récupérer de très beaux terroirs.” Comme ces vignes où il nous conduit, tout en haut, juste avant que les coteaux ne deviennent plateaux, et entre lesquelles ses équipes, en cette fin juillet, finalisent « l’attache » : plutôt que de cisailler l’extrémité des rameaux, Stéphane les laisse pousser et se rejoindre au-dessus des rangs, où elles sont donc attachées par des joncs mouillés. Une pratique courante du côté de Cornas, plus récente ici, qui permet, en gardant plus de feuillage, d’enrichir le raisin et de créer une ombre portée protectrice. A des yeux non-initiés, ces arches paraissent surtout incroyablement photogéniques !

Ce matin, à grandes enjambées – il fait un pas quand j’en fais trois, respire le calme alors que je m’essouffle – il vérifie aussi s’il faut encore « tomber des raisins », enlever certaines grappes pour favoriser le mûrissement de celles qui restent. Un travail fastidieux que les vignerons n’affectionnent pas : “on essaie de travailler nos vignes pour qu’elles se régulent d’elles-mêmes.” Taille, fumure organique, attention portée aux sols… Depuis plus de 10 ans, il a également supprimé les désherbants et, sur 7 des 30 hectares, c’est un cheval, “très précis et plus doux que le chenillard”, qui passe entre les lignes.

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Feeling et marketing

Des lignes que, toute étoile montante qu’il est, Stéphane Ogier aime toujours arpenter. La taille raisonnable de son domaine lui permet encore d’intervenir à toutes les étapes, et c’est ce qui l’anime. “Il n’y a pas un jour qui ressemble à un autre, même dans la journée, c’est très diversifié… Ce n’est pas toujours simple, mais c’est passionnant !” Couverts de lauriers, mais pas blasé, il veut continuer à chercher le meilleur pour ses vins. “C’est la nature qui construit le style du millésime, on est là pour s’adapter, mais tous les choix se font à la vigne. Il n’y a pas de secret, c’est plutôt une histoire de feeling, de sensations, et c’est le même ressenti en cave ! D’ailleurs, l’un ne va pas sans l’autre : il faut être proche de son vin, le suivre, le déguster, appréhender son évolution, prendre des décisions.”
Et les siennes sont visiblement les bonnes. En 1999, deux ans à peine après son retour, le tout-puissant critique américain Robert Parker crédite son 1er millésime de « Belle Hélène » – une sélection parcellaire, hommage de son père à sa mère – d’une note de 100/100… “Là, vous gagnez 15 ans de marketing !”, reconnaît Stéphane dans un sourire, propulsé à pas de géants dans la cour des grands.
D’où la renommée, les paillettes et les people. Mais si son vin enivre, le vigneron, lui, ne se grise pas. Il danse peut-être avec les stars, mais ne regarde pas pour autant son terroir de haut – ni moi non plus d’ailleurs, même si deux bonnes têtes nous séparent – il sait sa chance, et l’humilité dont il faut faire preuve devant les éléments. “C’est vrai que je suis arrivé assez rapidement à ce que je voulais faire, mais je me pose encore beaucoup de questions, sur l’élevage du vin notamment, et je fais beaucoup d’essais pour anticiper les évolutions qui se préparent, et qu’on ne pourra pas encaisser du jour au lendemain.” Et ça, il ne l’a pas lu dans les étoiles…

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Le Mot de Meghan Dwyer

❝La première fois que j’ai goûté ses Côte-rôtie, j’ai trouvé la puissance du Rhône, et la finesse de la Bourgogne. C’est peut-être parce que Stéphane Ogier a fait ses études en Bourgogne… Beaucoup de sommeliers n’aiment pas que je donne un genre au vin, mais pour moi, en Côte-rôtie, la côte brune apporte la masculinité, la côte blonde la féminité, et le plus fort, c’est de réunir ses deux côtes pour faire le plus beau couple du monde. Et sa cuvée « Belle-Hélène », oh la la !!! Je l’ai adorée, à la maison avec un rôti de porc au miel et à la cardamome, ou au resto avec un agneau rôti au thym.❞

[social_warfare]
Mélanie Marullaz

Mélanie Marullaz

Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

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