Christelle Betton, vigneronne

Cause un jour, Crozes toujours !

Un dicton sur mesure pour Christelle Betton ! La vigneronne installée à la Roche de Glun est de ces feux d’artifices qui font tant de bruit qu’ils réveillent les esprits. Brute de décoffrage et sans détour, au diable les chichis, authentique, on a dit !


Par Magali Buy – photos : Clément Sirieys

Et c’est plein sourire qu’elle arrive au domaine, pour une petite heure apéritive improvisée, et plus si affinités. Parce que Christelle voit la vie comme ça. Faite de rencontres et de curiosités, d’échanges et de bons moments, une quille qui embarque et le tour est joué, on refait le monde dans la bonne humeur. Accoudées au comptoir comme si on se connaissait déjà, elle ouvre sa boîte de pandore et parle à l’éparpillé, tout éclaté comme un bouquet final. C’est le bazar, mais qu’importe, je bois les paroles de ce p’tit bout de femme attachante, hors de question d’en perdre une goutte, ce n’est pas comme si ce n’était pas du vin d’âme…

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Vin de fête !

Parce que Christelle est une sorte de Bacchus à talons et c’est moi qui le dis, pas elle… Je crois même qu’elle me passerait un savon si elle lisait un truc pareil, mais je tente ! Dieu Romain de la vigne et du vin, Il était surtout celui de la fête, de la danse et des plaisirs et je crois que là, on n’est vraiment pas loin. Parce que la jeune femme fait swinguer sa joyeuse quarantaine autant qu’elle peut, chez les copains vignerons, autour d’une bonne table et elle ne s’en cache pas : “Je suis toujours à bouger partout. A goûter chez les potes ou sur des salons, à échanger et partager, c’est la vie : on n’en a qu’une et on ne détient pas le savoir, alors on évolue, on s’adapte et on apprend !”

En verre et contre tout

Et quand on connaît son parcours, on peut en faire son adage sans aucun problème. Christelle a grandi entre l’arboriculture et les vignes du domaine familial. En 2003, son père l’appelle pour lui demander un coup de main, elle, qui s’est promis de ne jamais travailler dans l’agriculture – mais dans le commerce et l’agroalimentaire –, accepte à une condition sine qua none : “Mon grand-père a arrêté de vinifier quand mon papa a repris fin des années 70 début 80. Ils revendaient tous les deux de la vendange et ne faisaient pas de vin. Quand mon père m’a sollicitée, je lui ai dit ok, mais on va essayer d’aller un peu plus loin. On ne sait pas où, mais on ne peut pas faire pire.” Christelle décide de faire du vin comme on claque des doigts ! Elle n’y connaît rien, mais vaille que vaille… Sacré toupet !

Foire au vin

Elle met le bazar, comme on dit des mots d’amour, “et ce sera toujours le cas, c’est ce qu’il faut, ça fait la vie.” Et puis tout le monde a sa place, alors aucun souci : “mon père est resté dans ses vignes et moi j’ai eu libre créativité dans la cave.” Oui mais Christelle, créer, c’est beau, mais ça ne fait pas tout. Le vin, c’est technique un peu, non ? Ce n’est pas comme presser des citrons ! “C’est technique d’un point de vue scientifique, oui. Mais c’est aussi beaucoup de ressenti. C’est comprendre ses parcelles, comprendre des raisins qu’on goûte, le profil des terroirs et du millésime, avant de rentrer de la vendange. Et une fois rentrée, c’est comprendre le matériel que vous avez pour analyser le reste. C’est de l’interprétation, c’est comme vos enfants, ils sont issus de vous, mais pas forcément vous…” Alors la jeune femme fait force de volonté et d’oreille attentive, bricole une cuverie free-style et vinifie pour la première fois en 2003. Elle passe 7 ans dans deux domaines en Crozes-hermitage pour peaufiner le tout, s’enrichit de l’éventail qu’on lui donne et de cette liberté offerte, alors que son seul bagage, c’est elle…


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Palais divin

“C’était un peu du vin de challenge ! Après, on s’épaule autant d’œnologues que d’amis vignerons, on tape à la porte des copains pour se nourrir de tout et recueillir les avis. Mais les vinifs, c’est à l’instinct et à la dégustation surtout. J’aime, j’aime pas. Pourquoi j’aime, pourquoi j’aime pas… On ne fait pas que des belles choses chaque année, il y a aussi des conneries, mais ça nous fait grandir et c’est en faisant une expérience des bêtises, qu’on avance.”
Et c’est qu’elle a sacrément avancé depuis ses débuts à piétiner la Syrah à tâtons. Son objectif, lui, toujours le même. Respecter ses vignes et leur terroir, sans jamais perdre la notion de plaisir, essentielle au verre comme au reste. “On est chef d’orchestre et on n’est pas plus que ça. La météo, les raisins, les cépages, la vinification, l’élevage, c’est comme un puzzle, mais pas défini à l’avance. Vous retaillez les pièces chaque jour. C’est comme planter des vignes. On essaie de le faire, là où le plaisir du nez et du palais est possible. Planter pour planter, ça n’a aucun sens !” Et hors de question de faire pour faire et de rentrer dans les cases, manquerait plus que ça !


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Des grappes émoi

De l’étiquette à la cuvée, et parce que la personnalité fait LA bouteille, “il est très important de goûter un vin et de connaître son vigneron.” Du temps où elle partait, quilles au fond du panier, taper aux portes des cavistes pour se présenter, à aujourd’hui où ses vins se dégustent du bistrot d’en face à Régis Marcon et ses 3 macarons, elle continue de faire des bonds dans les salons et on ne voit pas ce qui pourrait l’arrêter.
Gourmand, généreux, fin et surprenant, boire son vin c’est comme croquer une grappe de raisin à pleines dents. De ses Crozes-hermitage rouges Caprice et Espiègle aux blancs Elixir ou Circée, c’est un morceau d’histoire qu’elle raconte avec délectation, et qu’est-ce que c’est bon ! “Une bouteille, c’est une carte postale : elle vous fait voyager quand vous la partagez avec les copains ! Juste à la regarder, à avoir l’émotion en bouche, elle apporte échanges et convivialité…” Et si ça fait parler, c’est gagné !

Le Mot de Sabrina Carlier

Sommelière pour Secret Pairing à Annecy

❝Les vins de Christelle ont tous leur caractère bien trempé, et ils ont de qui tenir. Mais la précision avec laquelle elle travaille son Crozes-hermitage sur sa cuvée «Caprice» n’a d’égal que l’amour qu’elle porte à ses vignes. De la gourmandise à n’en plus finir, du fruit très mûr, plein la bouche, comme si on croquait dans une poignée de myrtilles sauvages, et les fameuses notes de poivre en fin de bouche, propres à la Syrah. C’est ce que j’appelle un vin de copains, pour un barbecue avec grillades aux herbes d’été, un pique-nique charcuterie en randonnée, et la magie opère lorsque vous croquez un morceau de chocolat au coin du feu, un soir d’hiver.❞

[social_warfare]
Magali Buy

Magali Buy

SURNOM : Mag... (d'ailleurs activ'mag c'est pour moi, non ?) PERSONNAGE DE FICTION : Xéna la guerrière OBJET FETICHE : mon piano, il m’écoute, me répond et me comprend mieux que personne. ADAGE : « si tout le monde sait où tu vas, tu n’arriveras jamais à ta destination. Laisse-les croire que tu dors.» JE GARDE : mon mauvais caractère, ma langue bien pendue, mon cœur ouvert et mes yeux verts JE JETTE : mon insécurité, ma cellulite et ma paranoïa... DANS 20 ANS : la même en pire, si c'est possible !

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