VISITE DE MAISON… ET D’HISTOIRE

3 Nov 2021

HÔTEL RESTAU

Un hôtel particulier, en plein cœur du quartier historique de Chambé, des poutres centenaires, des plafonds voûtés et du parquet racé… de quoi donner du caractère à une rénovation éclairée.

Avoir un coup de foudre pour un bâtiment vieux de plusieurs siècles, c’est un peu comme tomber amoureuse après 45 ans : on se doute que l’objet de nos désirs a vécu plusieurs vies -sinon c’est louche…-. Si, depuis sa rénovation en 2014, Marie-Elisabeth est la première propriétaire de ce 180m2 à deux pas du Château des Ducs de Savoie, elle sait donc bien que l’endroit, à l’origine très bourgeois, s’est ensuite encanaillé pendant plusieurs années, qu’il a ensuite connu une période presque trop rangée, avant de retrouver finalement sa superbe.

Tout le monde à Chambéry connaît l’Hôtel de Morand. Une famille aristocrate locale s’y établit et lui donne son nom au XVIIe siècle. En 1786, après une cour longue de 6 ans, qui lui vaudra le surnom de «Madame Prudence», Françoise-Marguerite de Morand épouse le célèbre sénateur savoyard contre-révolutionnaire Joseph de Maistre, dont la statue trône sur la place du Château. Voilà pourquoi tous les Chambériens connaissent Madame de Morand et son hôtel. C’est peut-être aussi parce qu’avec son passage entre deux rues et ses ferronneries travaillées, il fait partie des visites du patrimoine de la ville. Ou encore parce que la Mairie de Chambéry y avait installé, au début des années 90, ses services du personnel. Ou simplement parce que, 20 ans plus tard, il a fait la Une de la presse régionale au moment de l’expulsion des squatteurs qui avaient investi ses étages désertés. Quoi qu’il en soit, tout le monde à Chambéry connaît l’Hôtel de Morand.

PASSER AU PRÉSENT

Quand Marie-Elisabeth s’y installe, en 2015, l’ensemble a été entièrement restauré. C’est Patrick Bellemin, marchand de biens, passionné d’histoire et d’antiquités, qui en a fait l’acquisition quelques années plus tôt. “Une poutre du XVIIe avait cédé, tout le bâtiment avait été évacué et abandonné depuis plus d’une décennie”, raconte-t-il. “Il fallait prévoir de gros travaux de structure, refaire des dalles, à la fois pour la solidité de la construction, mais aussi pour la sécurité incendie. Le tout en préservant les plafonds à la française, car les architectes des bâtiments de France nous imposaient de les conserver. C’était une rénovation extrêmement complexe et lourde, on a dû retirer près de 200 tonnes de gravats.” Avec l’aide de l’architecte Benoit Chambre, spécialisé dans la réhabilitation de bâtiments anciens, ils étudient les archives, retrouvent des plans vieux de quatre siècles, s’attellent “à faire revivre ce lieu, le faire revenir un peu comme à l’origine”. A l’origine, justement, le rez-de-chaussée abritait des boutiques de menuisier, cordonnier, serrurier et autres tourneurs. Madame de Morand, elle, occupait le deuxième étage et louait le reste de l’immeuble. Aujourd’hui, Marie-Elisabeth vit au premier. Ce qui frappe, pour un appartement de 180 m2 qui n’a pour horizon que les immeubles de l’autre côté de la rue ou les rideaux du voisin d’en face, sur la cour, c’est sa luminosité. Les immenses fenêtres -quatre dans le salon !- jouent parfaitement leur rôle, aidées par les hauts plafonds d’origine, dont les poutres apparentes structurent le vaste volume du salon. En suivant leurs lignes, on découvre d’ailleurs de charmantes imperfections : rares, en effet, sont les angles de cet appartement qui soient vraiment droits ! C’est l’avantage de l’ancien, rien n’y est standard.

MATCH DE VOÛTES

Deux traits singuliers finissent de dessiner la morphologie particulière de ce logement multi-centenaire. Dans la chambre principale, première surprise : une voûte en pierres, incrustée dans le mur au-dessus du lit. Elle laisse imaginer une ancienne ouverture sur le bâtiment mitoyen : “on parle de XVIIe, mais les bases sont certainement plus anciennes”, commente Patrick Bellemin, “dans le local à vélo au rez-de-chaussée, par exemple, il devait y avoir une cuisine, car il reste une énorme cheminée du XVe siècle !” Dans la petite chambre qui donne sur la rue et dans sa salle de bain attenante, deuxième surprise : des plafonds avec voûtes croisées d’ogive. A la place de ces pièces devait aussi se trouver une cuisine, dont le plafond en pierres aurait empêché la propagation du feu en cas d’incendie. C’est en tous cas l’hypothèse du marchand de biens. Vestige du passé également, le parquet de l’actuelle cuisine, presque-Versailles-mais-pas-tout-à-fait, ménage lui aussi ses effets : assemblé en carrés, ses diagonales ne sont pas entrelacées comme on les attendrait, mais les veines du noyer, aux teintes très contrastées, dessinent des motifs irréguliers et incroyablement modernes. Au siècle précédent, une cheminée réchauffait la pièce. Il n’en reste aujourd’hui que la dalle foyère -la plaque de pierre, scellée dans le sol, qui sert à protéger le parquet des projections de braise-, mais encore faut-il la deviner… Dans la plus pure tradition de Chambéry, ville du trompe-l’œil, Patrick Bellemin l’a peinte lui-même aux couleurs du bois. Marie-Elisabeth, elle, y a installé une déco sobre, pimentée par les pièces-souvenirs rapportées de ses années en Asie. C’est certainement ce qui a fait qu’elle se sente bien ici, car elle aussi a eu plusieurs vies…

+ d’infos : http://espaces-atypiques.com (en vente à Chambéry)

Photos : Lilian Chapel pour Espaces Atypiques

Mélanie Marullaz

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Journaliste SURNOM: Poulette. PERSONNAGE DE FICTION: Elastigirl. OBJET FETICHE: mon oreiller. ADAGE: à chaque Barba-problème, il y a une Barba-solution. (philosophie Barbapapienne) JE GARDE: mes épaules. JE JETTE: mes grosses cuisses de skieuse. DANS 20 ANS? la tête de mon père sur le corps de ma mère. presse@activmag.fr

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